Madica, le programme d’investissement pré-amorçage axé sur l’Afrique, marque son expansion avec des investissements significatifs dans cinq nouvelles startups, dont les premières en Algérie et au Cameroun. Ces marchés, souvent négligés par les investisseurs, deviennent des terrains fertiles pour des opportunités prometteuses.

Depuis son lancement en 2022, Madica a consolidé sa position en soutenant 18 entreprises à travers 10 marchés africains. Avec un investissement total de 1,6 million de dollars cette année, dont 200 000 dollars chacun pour cinq nouvelles startups, le programme renforce sa thèse initiale : les meilleures opportunités se trouvent souvent dans les marchés moins saturés que le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Égypte.

Emmanuel Adegboye, à la tête de Madica et soutenu par Flourish Ventures, explique que leur approche consiste à identifier des fondateurs et des secteurs sous-financés. « Notre thèse initiale reste valable : nous soutenons des fondateurs de profils variés, dans des secteurs et marchés souvent ignorés », déclare-t-il depuis Dakar, où il étudie un marché encore inexploré par Madica.

Parmi les nouvelles pépites du portefeuille, Talenteo en Algérie propose des logiciels RH pour les entreprises de taille moyenne en Afrique francophone. Paysika, au Cameroun, innove avec une néobanque digitale offrant des cartes virtuelles et physiques aux consommateurs et petites entreprises. ChipMango, au Nigeria, se distingue par la conception de puces et le développement de produits d’IA embarquée. En Égypte, Delta Oil connecte les collecteurs d’huile de cuisine usagée aux acheteurs internationaux de biocarburants, tandis que Bekia rémunère les ménages et entreprises pour leurs déchets recyclables.

Madica mise sur des relations locales solides pour identifier ces opportunités. Talenteo, par exemple, a été recommandé par un acteur clé de l’écosystème algérien. « L’Algérie n’est pas une exception, mais le résultat de notre travail relationnel dans ces marchés », précise Adegboye. Il anticipe des investissements similaires au Sénégal et ailleurs, confirmant la stratégie pan-africaine de Madica.

Cependant, Adegboye souligne un défi majeur : « 200 000 dollars ne suffisent souvent pas ». Les startups africaines ont besoin de plus pour combler l’écart entre les tours de financement. Madica co-investit désormais systématiquement, reconnaissant que son soutien seul ne suffit pas toujours.

Avec ces nouvelles acquisitions, Madica envoie un message clair : les marchés émergents africains regorgent de potentiels inexploités. « Il existe de nombreuses opportunités dans des secteurs et marchés encore peu explorés », conclut Adegboye, appelant les investisseurs à prêter attention à ces joyaux cachés.