Alors que les entreprises nigérianes accélèrent leur adoption du cloud et de l’intelligence artificielle, une question cruciale émerge : qui contrôle vraiment les données ? Kehinde Ogundare, directeur général de Zoho Nigeria, alerte sur la nécessité pour les entreprises de reprendre le contrôle de leurs informations sensibles.
Lors d’un échange lors du récent événement GrowthX organisé par Techeconomy à Lagos, Ogundare a souligné l’importance stratégique de la souveraineté des données. « En tant que dirigeant d’entreprise, quelle est votre compréhension de la souveraineté des données ? Savez-vous où vos données sont stockées ? Qui y a accès ? » Ces questions fondamentales prennent une dimension nouvelle à l’ère du numérique.
L’expert met en garde contre les risques liés à l’utilisation des plateformes d’IA, notamment la possibilité que les données commerciales soient utilisées pour entraîner des modèles algorithmiques. Pour les entreprises manipulant des informations clients ou financières sensibles, ces enjeux de contrôle deviennent vitaux.
Au-delà de la simple conformité réglementaire, Ogundare préconise une approche proactive. Les décisions technologiques doivent intégrer des critères tels que la sécurité, la continuité d’activité et les contrôles d’accès. « La technologie doit s’adapter à vos processus, pas l’inverse », insiste-t-il.
L’expert souligne également l’importance de la valeur mesurable des investissements technologiques. Des solutions mal choisies peuvent non seulement complexifier les opérations, mais aussi éroder la confiance dans le numérique. La capacité d’adaptation et de personnalisation des solutions apparaît comme un critère déterminant.
Pour les entreprises nigérianes, l’adoption du cloud et de l’IA représente à la fois une opportunité et un défi. La stratégie gagnante combinera coûts, sécurité, contrôle des données et capacité d’évolution - des éléments qui détermineront la compétitivité à long terme dans un marché en pleine transformation digitale.
Vers une maturité technologique africaine
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte plus large où les entreprises africaines cherchent à concilier innovation et maîtrise de leurs actifs informationnels. Alors que le continent devient un terrain d’expérimentation pour les nouvelles technologies, la question du contrôle des données prend une dimension géopolitique.
Les entreprises qui sauront intégrer ces considérations stratégiques dans leur transformation numérique positionneront non seulement leurs opérations pour la croissance, mais contribueront aussi à façonner les standards technologiques du continent.