Après sept années d’investissement, Microsoft annonce la fermeture de son centre de développement en Afrique (ADC) à Nairobi. Une décision brutale qui menace près de 400 emplois et interroge sur l’engagement réel du géant technologique envers le continent.
Un revers pour la stratégie africaine de Microsoft
En 2019, Microsoft avait fait le pari ambitieux de faire de Nairobi un hub technologique majeur en dehors des États-Unis. L’entreprise avait promis plus de 100 millions de dollars pour développer les talents locaux et permettre aux ingénieurs africains de concevoir des produits pour les marchés mondiaux. Pourtant, seulement sept ans plus tard, le groupe américain semble déjà renoncer à ce projet.
Les employés du centre, situé dans les tours Dunhill à Westlands, ont été convoqués en réunion ce lundi. Selon deux sources anonymes, ils doivent rencontrer leurs managers d’ici vendredi pour discuter des options de départ, y compris les conditions de rupture conventionnelle. Seules une dizaine de personnes devraient conserver leur poste, principalement dans les services commerciaux et le recrutement.
Un retrait en deux temps
Cette fermeture intervient quelques mois après celle du centre de Lagos, annoncée en mai 2024. Microsoft avait alors assuré que cette décision n’affecterait pas ses opérations au Kenya. Pourtant, les employés de Nairobi affirment avoir perçu depuis longtemps des signes avant-coureurs.
Le ministre kenyan des Technologies de l’information, William Kabogo, a rencontré une délégation de Microsoft ce lundi. Jeff Bullwinkel, vice-président et directeur juridique pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, a évoqué une « restructuration globale ». Le ministre a insisté sur la protection des emplois, mais Microsoft n’a fourni aucune garantie concrètes.
Des ambitions déçues
Lors de son lancement, l’ADC Nairobi devait employer 500 ingénieurs d’ici 2023. En décembre 2022, Brad Smith, président de Microsoft, annonçait que le centre comptait déjà plus de 450 employés. Difficile donc d’expliquer cette fermeture par un échec à atteindre les objectifs initiaux.
Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette décision. Microsoft a annoncé en juillet 2026 la suppression de 4 800 postes, soit 2,1 % de ses effectifs. Ces réductions s’inscrivent dans une stratégie de recentrage sur l’intelligence artificielle, au détriment d’autres secteurs.
Par ailleurs, le projet de data center d’1 milliard de dollars à Olkaria, en partenariat avec G42, est au point mort. Les problèmes de capacité électrique et les désaccords sur les garanties gouvernementales ont bloqué ce projet phare.
Quel avenir pour Microsoft en Afrique ?
Microsoft assure rester engagé au Kenya et soutient la transformation numérique du pays. Pourtant, la fermeture de Nairobi soulève des questions sur la pérennité de ses engagements africains. Dans un contexte de restructuration mondiale, les centres de développement africains semblent devenir des variables d’ajustement.
Cette décision intervient alors que le Kenya mise sur la technologie pour stimuler sa croissance économique. Microsoft avait promis de faire du pays un modèle pour l’Afrique. Aujourd’hui, c’est plutôt une image d’instabilité qui prévaut.
Les employés concernés attendent désormais des clarifications sur leur avenir. Pour l’instant, les discussions restent confidentielles. Une chose est sûre : cette fermeture marque un tournant dans la stratégie africaine de Microsoft.