Moniepoint abandonne son aventure britannique pour se concentrer sur l’Afrique

Moins d’un an et demi après son lancement, MonieWorld, la plateforme de transfert d’argent de Moniepoint au Royaume-Uni, ferme ses portes. Cette décision marque un tournant stratégique pour le géant nigérian des fintechs, qui réoriente ses investissements vers ses marchés africains historiques.

Un pari ambitieux qui n’a pas porté ses fruits

Lancé en avril 2025, MonieWorld permettait aux résidents britanniques d’envoyer de l’argent directement vers des comptes nigérians depuis divers moyens de paiement. Moniepoint avait misé sur la rapidité des transactions et des taux de change compétitifs pour concurrencer des acteurs comme Grey ou LemFi. Pourtant, malgré ces atouts, le produit n’a pas trouvé son public comme espéré.

L’aventure britannique de Moniepoint avait pourtant commencé avec des moyens considérables. Dès février 2024, la société avait créé sa filiale Moniepoint GB et investi plus de 3,7 millions de dollars dans l’acquisition de Bancom Europe, un établissement de monnaie électronique agréé par la FCA. Les prévisions tablaient sur 7,39 millions de dollars pour cette expansion.

Des performances en demi-teinte

Si Moniepoint souligne une croissance de 70% du volume mensuel des transactions, les chiffres précis sur le montant traité ou les revenus générés restent confidentiels. La société justifie son retrait par une réévaluation stratégique, préférant concentrer ses ressources sur ses marchés africains où elle a déjà une position dominante.

Une stratégie recentrée sur l’Afrique

En 2025, Moniepoint a traité pas moins de 294 milliards de dollars en transactions annuelles au Nigeria. Cette année, la société a accéléré ses ambitions avec deux acquisitions majeures : Orda, une entreprise de gestion de restaurants au Kenya et en Nigeria, ainsi que 78% des parts de Sumac Microfinance Bank au Kenya. Rose Muturi, ancienne dirigeante de Branch Kenya, a été nommée pour piloter cette nouvelle entité.

Cette orientation africaine s’explique par un meilleur contrôle du marché local, où Moniepoint dispose d’une position plus solide que dans l’arène concurrentielle des services de remittance au Royaume-Uni.

Quid du futur de MonieWorld et Bancom ?

La question qui se pose désormais est celle du devenir technologique de MonieWorld. Ses actifs intellectuels et sa technologie seront-ils réutilisés dans d’autres projets ? Quant à Bancom Europe, son intégration dans les opérations existantes de Moniepoint ou son maintien en tant qu’entité indépendante reste à clarifier.

Cette décision illustre les défis auxquels font face les fintechs africaines lorsqu’elles tentent de s’étendre sur des marchés internationaux déjà saturés. Elle souligne également l’importance pour ces acteurs de consolider leur position sur le continent avant toute expansion extérieure.

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