L’Ouganda, pionnier de la finance mobile en Afrique, se prépare à une nouvelle ère économique marquée par l’exploitation pétrolière et l’évolution de son écosystème fintech. Alors que le pays s’apprête à devenir un acteur majeur de la production pétrolière en Afrique de l’Est, son secteur financier numérique doit relever de nouveaux défis pour accompagner cette croissance.**
Une histoire d’innovation financière
L’Ouganda a été un précurseur en matière de finance mobile, bien avant que le terme « fintech » ne devienne populaire. Des millions d’Ougandais ont adopté les services de mobile money comme MTN MoMo et Airtel Money, permettant des transferts d’argent sans passer par les banques traditionnelles. Ce modèle a révolutionné l’inclusion financière, avec 81 % de la population ayant accès à des services financiers en 2023, selon le gouvernement. L’objectif est d’atteindre 85 % d’ici 2028.
Cependant, l’enjeu aujourd’hui n’est plus seulement l’accès aux services financiers, mais leur qualité. Les fintechs locales comme Eversend, Numida et Asaak se concentrent désormais sur des solutions plus complexes : prêts aux PME, gestion d’actifs et outils de financement adaptés aux besoins des entreprises.
L’impact du pétrole sur l’économie numérique
La production pétrolière, prévue pour la seconde moitié de 2026, devrait booster l’économie ouugandaise. Le FMI prévoit une croissance du PIB de 6,2 % en 2025-2026, puis de 9,4 % en 2026-2027. Ce secteur ouvrira de nouvelles opportunités pour les fintechs, notamment dans la gestion des salaires, des chaînes d’approvisionnement et du financement des entreprises.
Un écosystème fintech en pleine expansion
Kampala, cœur financier et technologique du pays, abrite des institutions bancaires majeures comme Stanbic Bank Uganda et Equity Bank. Mais ce sont les startups locales qui innovent le plus. Par exemple, Numida utilise des données alternatives pour octroyer des prêts aux petites entreprises, tandis qu’Asaak se spécialise dans le financement d’actifs pour les travailleurs indépendants.
L’association des fournisseurs de services financiers technologiques (FITSPA) joue également un rôle clé dans la structuration du secteur. La Banque d’Ouganda, à travers sa stratégie nationale d’inclusion financière (2023-2028), mise sur le numérique pour renforcer l’accès aux services financiers, notamment auprès des femmes et des jeunes.
Vers une économie plus inclusive
L’Ouganda doit maintenant transformer son succès en finance mobile en profondeur économique. Les fintechs locales sont les mieux placées pour répondre aux besoins émergents, notamment dans un contexte de diversification économique avec l’arrivée du pétrole. L’enjeu est de s’assurer que cette croissance profite à tous, en particulier aux populations rurales et aux petites entreprises.
L’avenir de l’Ouganda repose sur sa capacité à intégrer ces innovations financières dans une économie en pleine mutation.