MTN Group, géant des télécommunications en Afrique, vient de franchir une étape majeure en séparant son activité mobile money au Ghana. Cette opération stratégique, qui consiste à créer une entité autonome baptisée MobileMoney Fintech Ltd, marque un tournant dans la perception des investisseurs sur le potentiel de croissance de ce secteur.

Une séparation pour valoriser la fintech Jusqu’à présent, l’activité mobile money de MTN était intégrée dans un ensemble plus large incluant les services voix et data, dont la croissance est moins dynamique. En isolant cette branche, MTN met en lumière un secteur qui affiche des marges plus élevées et une adoption rapide par les utilisateurs. Cette séparation permet également d’attirer des capitaux externes et de valoriser cette activité sur ses propres mérites.

Le Ghana, laboratoire des innovations financières Avec un écosystème de transactions mobiles évalué à 1,4 billion de dollars en Afrique subsaharienne, le mobile money n’est plus une simple innovation, mais un pilier du système financier. Le Ghana, l’un des marchés les plus matures de MTN, sert de terrain d’expérimentation pour cette nouvelle structure. Si l’opération réussit, elle pourrait servir de modèle pour d’autres pays comme l’Ouganda, où des séparations similaires sont déjà en cours.

La fintech au cœur de la stratégie de MTN Cette restructuration s’inscrit dans une vision plus large où la fintech devient le moteur de la croissance future de MTN. L’entreprise positionne désormais ses services financiers comme l’élément central de son offre, au-delà des simples communications.

Au Kenya, le mobile money atteint un taux de pénétration record Pendant ce temps, au Kenya, le secteur du mobile money connaît une croissance fulgurante. En 2025, le pays a ajouté 9 millions de nouvelles souscriptions, portant le total à 51,36 millions. Aujourd’hui, trois Kenyans sur quatre utilisent le mobile money, avec un taux de pénétration de 98 %. La bataille pour conquérir les utilisateurs est désormais terminée ; la prochaine étape consiste à fidéliser cette clientèle.

La guerre des prix et l’écosystème intégré Airtel Money, deuxième opérateur de mobile money au Kenya, a réussi à grignoter des parts de marché grâce à des tarifs avantageux et une distribution élargie. Cependant, avec l’intervention des régulateurs pour réduire les frais de transaction, cette stratégie pourrait perdre de son efficacité. Safaricom, de son côté, mise sur un écosystème intégré, en ajoutant des services tels que l’épargne, le crédit et les outils pour commerçants à M-PESA, afin de rendre la plateforme indispensable.

Kenswitch et Visa s’allient pour moderniser les paiements Kenswitch, un fournisseur kenyan d’infrastructure de paiement, s’est associé à Visa pour développer les technologies et services qui soutiendront la prochaine phase des paiements numériques au Kenya. Kenswitch, qui connecte déjà plus de 30 institutions financières, compte utiliser les rails globaux de Visa pour renforcer sa position en tant que futur commutateur national de paiements.

Cette alliance stratégique vise à faciliter les transferts d’argent entre banques et institutions financières, en s’appuyant sur un système de paiement rapide (FPS) et un commutateur national. Cette initiative pourrait transformer le paysage des paiements au Kenya, en rendant les transactions plus fluides et sécurisées.