MTN, géant des télécoms africains, ambitionne de devenir un acteur majeur du crédit en Afrique. Avec plus de 70 millions d’utilisateurs actifs sur sa plateforme MoMo et un volume de transactions dépassant 500 milliards de dollars en 2025, le groupe annonce son intention d’obtenir des licences fintech pour prêter directement aux particuliers et aux entreprises.
Un marché du crédit largement inexploité
Seuls 4 à 5 % des adultes africains ont accès au crédit formel, laissant un immense potentiel inexploité. En Nigeria, près de 80 % des PME n’ont pas accès au financement traditionnel, créant un déficit de financement estimé à 236 milliards de dollars. MTN, déjà impliqué dans les services de paiement et de transfert d’argent, voit dans le crédit une étape logique pour élargir son offre financière.
Une stratégie basée sur des atouts solides
Le groupe dispose déjà d’une base de données considérable grâce à ses millions d’utilisateurs, leurs historiques de transactions et son réseau de commerçants. En obtenant les licences nécessaires, MTN pourrait passer du rôle d’intermédiaire à celui de prêteur direct, consolidant ainsi sa position dans le secteur fintech.
La concurrence entre télécoms et banques s’intensifie
Les opérateurs de télécommunications africains, comme MTN, ont déjà empiété sur le terrain des banques avec les services de paiement mobile. La prochaine bataille pourrait bien être celle du crédit, un secteur où les télécoms ont un avantage certain grâce à leur connaissance approfondie des comportements de consommation de leurs clients.
Un défi réglementaire à relever
L’obtention des licences fintech nécessaires pour prêter directement est un processus complexe qui dépendra de la volonté des régulateurs. Si MTN parvient à surmonter ces obstacles, le groupe pourrait non seulement diversifier ses revenus, mais aussi jouer un rôle clé dans l’inclusion financière en Afrique.
Conclusion
L’expansion de MTN dans le crédit représente une opportunité majeure pour combler le déficit de financement en Afrique. Cependant, elle soulève également des questions sur la régulation et la concurrence avec les institutions financières traditionnelles. Une chose est sûre : le paysage financier africain est en pleine mutation, et les télécoms y jouent un rôle de plus en plus central.