La demande en connectivité explose au Nigeria, mais les coûts élevés des droits de passage freinent le déploiement des infrastructures numériques. Pour accélérer la transformation digitale du pays, le régulateur des télécoms et les acteurs clés plaident pour une harmonisation urgente de ces tarifs.
Un forum pour accélérer la connectivité
Les 29 et 30 septembre 2026, le Nigeria Digital Connectivity Investment Forum a réuni à Abuja des experts et décideurs autour de cette problématique cruciale. Organisé par la Nigerian Communications Commission (NCC) en partenariat avec Swedfund et Ookla, cet événement a mis en lumière l’impact négatif des droits de passage (RoW) sur le déploiement des câbles à fibres optiques.
Des coûts disparates qui étouffent l’innovation
Actuellement, les opérateurs télécoms paient des frais variables selon les États pour poser ces infrastructures vitales. Alors que le taux fédéral recommandé est de 145 nairas par mètre linéaire, certaines régions appliquent des tarifs bien plus élevés. L’État d’Ekiti, par exemple, exige 700 000 nairas de frais de dossier malgré l’adoption du tarif standard. Ces disparités créent des distorsions majeures dans le marché.
Des résultats concrets grâce aux réformes
Les États ayant déjà réduit ces coûts ont constaté des progrès significatifs. Le Nigeria Digital Connectivity Index, testé dans 12 États, révèle des croissances de déploiement fibre allant de 22% à 95%. Des régions comme Zamfara ou Anambra ont même totalement supprimé ces frais pour stimuler l’investissement.
Vers une harmonisation nationale
Les participants au forum ont insisté sur la nécessité d’adopter un modèle fédéral unique. Cette approche permettrait non seulement de réduire les coûts, mais aussi d’accélérer les procédures administratives. Le Nigeria consomme actuellement 1,6 million de téraoctets de données mensuelles, avec une croissance projetée vers 350 millions d’abonnés d’ici 15 ans. Ces chiffres soulignent l’urgence d’une infrastructure adaptée.
Un enjeu économique majeur
Les coûts élevés des droits de passage ne ralentissent pas seulement le déploiement, mais découragent aussi les investissements. Des projets sont abandonnés ou retardés en raison de ces frais supplémentaires, souvent perçus comme des obstacles artificiels à la modernisation. La réduction de ces coûts apparaît donc comme une priorité stratégique pour le gouvernement fédéral et les États.
Conclusion : l’urgence d’agir
Face à cette situation, la NCC est appelée à intensifier ses discussions avec les gouvernements locaux pour harmoniser ces tarifs. Les réformes engagées dans certains États prouvent que des solutions existent. Leur généralisation pourrait bien devenir le catalyseur dont a besoin le Nigeria pour entrer de plain-pied dans l’ère numérique.