Omolara Dada, senior product marketing manager chez Busha, une plateforme d’échange d’actifs numériques nigériane, incarne les défis et opportunités de la fintech en Afrique. Avec plus de six ans d’expérience dans le secteur, elle a marqué son passage chez Anchor et Earnipay avant de rejoindre Busha pour y bâtir la fonction marketing B2B.
Expliquer l’incompréhensible
« Imaginez que vous avez créé quelque chose d’extraordinaire, mais personne ne le sait. Mon rôle est de faire connaître ces innovations, d’en expliquer l’utilité et de convaincre les entreprises de les adopter », résume-t-elle. Chez Busha, elle s’attelle à rendre accessible l’infrastructure financière complexe qui sous-tend les transferts d’actifs numériques.
La confiance, enjeu crucial
Le plus grand défi dans la fintech nigériane ? La confiance. « Il faut gagner la crédibilité, alors que l’économie locale est imprévisible et que les entreprises ont déjà été brûlées par des solutions instables », souligne-t-elle. La barrière est élevée : il ne suffit pas d’être innovant, il faut aussi être fiable.
Fintech vs crypto : même combat ?
Omolara Dada observe des similitudes entre les deux secteurs. « Les fondamentaux du marketing restent identiques : clarifier la proposition de valeur et comprendre les besoins clients. » Cependant, les actifs numériques ajoutent des couches complexes : éducation (expliquer ce qu’est une stablecoin) et régulation (naviguer dans un cadre encore flou).
Bâtir une stratégie B2B sans mode d’emploi
En tant que première recrue marketing B2B de Busha, son premier défi a été d’identifier précisément la cible. « Tout commence par comprendre qui est le client, quel problème nous résolvons pour lui, et comment communiquer cela efficacement », explique-t-elle. Une phase d’écoute active a précédé toute action concrète.
Carrière : oser négocier
Omolara Dada, qui conseille aussi des professionnels sur leur carrière, alerte sur une erreur fréquente : accepter la première offre salariale. « La plupart des employeurs prévoient une marge de négociation. Prendre 24 heures pour réfléchir et contre-proposer peut faire une différence significative sur un parcours professionnel. »
Compétences : entre passion et obligation
Elle avoue vouloir maîtriser l’analyse de données, un outil clé dans son métier. « Je peux lire et utiliser les chiffres, mais je veux aller plus loin : tirer mes propres insights sans dépendre des experts. » À l’inverse, elle excelle dans la gestion administrative détaillée, un talent utile mais qui ne l’enthousiasme pas.
En conclusion, Omolara Dada illustre comment allier expertise technique et pédagogie pour faire évoluer les mentalités dans un secteur en pleine mutation.