PEMiG, une startup kényane, redéfinit l’accès au crédit pour les populations africaines non bancarisées
Dans un continent où 80 % des adultes n’ont pas d’historique de crédit formel, PEMiG apporte une solution innovante aux institutions financières. Fondée en 2022 par Felix Sifuna, Philip Amwata, Priya Maharaj et Lilian Kariba, cette plateforme d’intelligence crédit utilise l’IA causale pour évaluer la solvabilité des emprunteurs au-delà des données traditionnelles.
Une approche révolutionnaire pour combler les lacunes du crédit en Afrique
Les modèles d’évaluation de crédit traditionnels échouent à capturer la réalité des emprunteurs africains. PEMiG a développé un moteur de scoring causal (CCSE) qui intègre le capital social et les comportements pour créer des profils dynamiques. « Nous ne nous contentons pas de regarder l’historique de crédit, mais qui est vraiment cette personne et sa probabilité de remboursement », explique Felix Sifuna, cofondateur.
Cette méthode permet aux banques, institutions de microfinance (IMF), SACCOs et fintechs d’améliorer leurs décisions de prêt, réduisant ainsi les défauts et élargissant leur portefeuille d’emprunteurs. « Nous corrigeons l’asymétrie actuelle : exclusion des emprunteurs solvables d’un côté, risques invisibles de l’autre », ajoute Sifuna.
Un marché prometteur et une adoption rapide
PEMiG se distingue des autres fintechs de scoring alternatif en Afrique, qui s’appuient souvent uniquement sur les données de mobile money. Son approche causale offre une prédictivité supérieure, ce qui lui vaut déjà cinq partenaires actifs et deux pilotes en cours. Plus de 1 500 emprunteurs ont été évalués, représentant 250 000 dollars de volume de prêts en 18 mois.
Le Kenya, avec son écosystème financier compétitif, était le terrain idéal pour lancer PEMiG. « Si notre produit convainc les prêteurs kényans, il peut convaincre ceux de toute l’Afrique », déclare Sifuna. La startup vise désormais l’Ouganda, la Tanzanie et le Rwanda dans les 12 prochains mois, avec une ambition panafricaine à long terme.
Un modèle économique aligné sur la croissance des partenaires
PEMiG fonctionne en mode SaaS B2B, avec des abonnements et des frais basés sur le volume d’évaluations. Ce modèle génère déjà 5 000 dollars de revenus récurrents mensuels, un résultat significatif pour une startup en phase initiale. « Notre priorité est de renforcer la valeur pour nos partenaires actuels et de convertir nos pilotes en contrats complets », précise Sifuna.
Le principal défi n’est pas technologique, mais de confiance. « Les institutions financières kényanes ont été brûlées par des solutions inefficaces par le passé. Nous devons prouver notre valeur jour après jour », conclut-il.
Cette innovation pourrait bien devenir un pilier de l’inclusion financière en Afrique, où l’accès au crédit reste un défi majeur.