L’ère du tout SaaS est révolue : les progrès technologiques et l’évolution des compétences internes transforment la donne. Les DSI doivent aujourd’hui réévaluer leur approche du build versus buy.

Un paradigme qui a fait son temps

Pendant deux décennies, la réponse des DSI à la question build vs. buy était claire : sauf si vous êtes une entreprise de logiciels, achetez plutôt que construire. Cette approche avait ses mérites : elle évitait les systèmes fragiles, les coûts de maintenance élevés et les applications fantômes. Mais aujourd’hui, cette logique atteint ses limites.

Trois changements majeurs

1. La révolution des coûts L’IA a radicalement réduit le temps et les ressources nécessaires pour développer du logiciel. Des prototypes qui coûtaient des dizaines de milliers d’euros peuvent désormais être créés en quelques jours. Les gains de productivité atteignent 70 à 90% pour les tâches routinières. Résultat : des workflows autrefois trop coûteux à personnaliser deviennent économiquement viables.

2. La démocratisation du développement Les outils d’assistance à la programmation par IA ont ouvert le développement logiciel à des profils non techniques. 65% des utilisateurs de ces plateformes viennent d’autres départements que l’informatique. Les équipes opérationnelles, marketing et financières créent désormais des applications internes fonctionnelles.

3. La gestion des risques évolue Les défis traditionnels du développement (authentification, sécurité, maintenance) sont désormais adressés par des services managés. La question n’est plus ‘pouvons-nous le construire ?’ mais plutôt ‘comment gouvernons-nous ce que nous construisons ?’.

Où le build prend désormais tout son sens

Le SaaS reste la solution idéale pour les workflows standards : comptabilité, paie, gestion de documents. Mais pour les processus différenciants qui donnent un avantage concurrentiel, la construction interne devient une option sérieuse. Les DSI doivent aujourd’hui évaluer chaque cas individuellement, en tenant compte de ces nouvelles réalités technologiques et organisationnelles.

Cette réévaluation stratégique est cruciale pour rester compétitif dans un paysage technologique en rapide mutation.