Dans un continent où l’inclusion financière reste un défi majeur, une startup kényane innove en connectant la blockchain aux systèmes de paiement traditionnels. Pretium, fondée en 2024, permet désormais d’utiliser des stablecoins comme l’USDT et l’USDC pour des transactions quotidiennes, brisant ainsi les barrières entre les crypto-actifs et l’économie réelle.

Une solution née d’une frustration personnelle

L’idée de Pretium est née des difficultés rencontrées par son CEO, Derrick Bundi. Payé en stablecoins mais incapable de les dépenser directement, il a dû recourir à des plateformes peer-to-peer pour convertir ses USDT en monnaie locale. Un processus coûteux et inefficace qui l’a poussé à créer une solution plus adaptée au contexte africain. Contrairement à ses concurrents qui se concentrent sur les ramps crypto, Pretium se distingue en permettant des paiements directs avec des stablecoins.

Deux produits pour une adoption complète

La startup propose deux solutions complémentaires : une application grand public et des services B2B via API. L’application permet aux particuliers d’effectuer des paiements quotidiens (courses, carburant, loyer) en stablecoins. Pour les entreprises, l’API offre une liquidité stablecoin-fiat et des paiements de dernière mile sans nécessiter l’intégration de multiples prestataires de services de paiement. Cette approche holistique explique son succès rapide : plus de 40 entreprises utilisent déjà ses services, et 49 000 utilisateurs actifs réalisent des transactions via l’application.

Expansion rapide et défis réglementaires

Présent dans six pays africains (Kenya, Ouganda, Ghana, Nigeria, Malawi et RDC), Pretium vise une expansion continentale. Avec plus de 6 millions de dollars de transactions traitées et un objectif de dépasser les 10 millions prochainement, la startup cherche à lever des fonds supplémentaires pour accélérer son développement et obtenir les licences nécessaires.

Cependant, l’environnement réglementaire reste un défi majeur. Si des pays comme le Kenya, le Rwanda et le Ghana travaillent à encadrer les actifs numériques, l’absence de cadre clair dans plusieurs marchés complique la conformité et les partenariats. Malgré ces obstacles, Pretium incarne une nouvelle génération de solutions financières africaines qui pourraient redéfinir les paiements sur le continent.

Pretium n’est pas seulement une infrastructure technologique, mais un pont entre deux écosystèmes financiers qui, jusqu’à présent, évoluaient en parallèle. Son succès pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère pour les paiements numériques en Afrique.