Une solution technologique ancrée dans le patrimoine alimentaire africain
Au Cameroun, une startup fait parler d’elle grâce à une approche innovante de la nutrition. PushNcare, fondée par Gilbert Mbeh, transforme les plats traditionnels africains en interventions médicales de précision. Une réponse locale à une crise silencieuse : les maladies non transmissibles, comme le diabète de type 2 et l’hypertension, représentent désormais 37 % des décès en Afrique, contre 24 % en 2000.
Un constat alarmant, une solution culturelle
L’idée de PushNcare est née d’une observation cruciale : les applications de bien-être occidentales et l’IA généraliste échouent à s’adapter aux réalités alimentaires locales. « Un cadre hypertendu à Lagos se verra recommander des flocons d’avoine et du chou frisé, ignorant complètement les effets biologiques du jollof ou de l’egusi », explique Mbeh. Résultat : un taux d’abandon de 70 % dans les programmes de prévention.
PushNcare propose une alternative radicale : un « Nutrition OS » qui intègre les 60 000 aliments traditionnels africains dans un graphe de connaissances nutritionnelles. Cette base permet de générer des plans alimentaires alignés sur les normes de l’OMS, tout en respectant les spécificités culturelles. « Nous savons que piler mécaniquement l’igname modifie sa structure fibreuse et fait monter la glycémie comme du sucre raffiné – une subtilité que l’IA générique ignore », précise Mbeh.
Une croissance organique impressionnante
Le modèle de PushNcare repose sur une plateforme multi-faces. Pour les entreprises, des audits de santé alimentaire à 3 $ par employé aident à réduire l’absentéisme lié à la nutrition. Les professionnels de santé, eux, bénéficient d’un « exosquelette professionnel » générant des plans alimentaires en 90 secondes.
Les résultats sont là : plus de 50 000 recherches hebdomadaires sur leur moteur de découverte, un réseau de 200 diététistes dans 18 pays, et des partenariats avec des municipalités comme le Conseil d’Elak au Cameroun. La startup vise désormais le Ghana, le Rwanda et l’Afrique du Sud, avec un projet de tête de pont en Irlande pour toucher la diaspora africaine.
Un modèle économique innovant
PushNcare propose une marketplace pour les diététistes, avec des fonctionnalités premium à 30 $/mois. La startup perçoit un pourcentage sur les leads corporate et facture 3 $ par employé audité. Avec une projection de 120 000 $ de revenu annuel récurent pour 2026, PushNcare cherche désormais des investisseurs après une phase de bootstrapping soutenue par Google for Startups.
Une révolution qui pourrait bien redéfinir la santé nutritionnelle sur le continent.