She Code Africa célèbre son dixième anniversaire en réorientant ses efforts vers le leadership et la propriété dans le secteur technologique africain.

Fondée en 2016 comme une initiative de storytelling pour rendre visibles les femmes africaines dans la tech, She Code Africa a évolué en une plateforme communautaire puis en un réseau offrant des programmes de formation structurés, des bourses et des initiatives de littératie numérique. Aujourd’hui, l’organisation revendique avoir impacté plus de 65 000 femmes et filles à travers plus de 20 pays africains.

Un changement de cap stratégique

Lors du She Code Africa Summit 2026 à Lagos, Ada Nduka Oyom, fondatrice et directrice exécutive, a souligné l’importance de passer d’un simple accès à la technologie à une véritable progression dans les postes de leadership. « Former une femme sans lui offrir d’opportunités, c’est une impasse », a-t-elle déclaré, pointant du doigt les obstacles persistants comme l’accès aux ordinateurs, aux mentors et aux occasions de mettre en pratique leurs compétences.

Le défi du leadership féminin

Oyom a insisté sur la nécessité de voir plus de femmes dans les postes de direction et les rôles décisionnels. Elle a également évoqué l’importance d’intégrer l’intelligence artificielle dans les programmes de formation, notamment en développement logiciel et gestion de produits. « Nous devons passer de la présence au pouvoir », a-t-elle affirmé.

La transition vers l’autonomisation économique

Napa Onwusah, Managing Partner chez B4B Partners, a renforcé ce message lors de son discours. Elle a rappelé que l’augmentation de la participation des femmes dans la tech ne s’est pas traduite par une représentation équivalente dans les postes de leadership. « L’accès nous a menées ici, mais sommes-nous satisfaites de seulement avoir accès ? », a-t-elle interrogé.

Onwusah a plaidé pour une plus grande représentation des femmes dans les fonds d’investissement et pour un accès accru au capital. Elle a cité des statistiques montrant que la majorité des financements de startups africaines vont à des équipes fondatrices exclusivement masculines.

Visibilité et propriété : les nouveaux enjeux

Lors d’une table ronde, Adeife Adeoye, créatrice de contenu et entrepreneure, a partagé son expérience sur l’importance de la visibilité. Elle a encouragé les femmes à rendre leur travail visible, non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi à travers des communautés et des événements professionnels. « Il ne s’agit pas seulement d’être vue, mais de créer des opportunités pour les autres », a-t-elle souligné.

Qui contrôle l’infrastructure numérique africaine ?

Un panel dédié à la question de la propriété de l’infrastructure numérique en Afrique a mis en lumière le manque de contrôle africain sur ces infrastructures essentielles. Les participants ont discuté des moyens d’augmenter la participation locale et de garantir que les bénéfices de cette infrastructure reviennent aux communautés africaines.

Conclusion : vers une décennie de leadership féminin

Alors que She Code Africa entame sa deuxième décennie, l’accent est mis sur la création de leaders féminins dans la tech, l’accès au capital et la propriété des infrastructures numériques. L’objectif est clair : transformer la présence des femmes en pouvoir réel et durable dans l’économie numérique africaine.