Spiro, le géant kenyan des deux-roues électriques, franchit une nouvelle étape stratégique en annonçant l’acquisition de Coexlion, un cabinet d’ingénierie spécialisé dans les véhicules électriques. Cette opération s’inscrit dans une logique de renforcement des capacités internes pour adapter ses produits aux réalités africaines.
Une acquisition ciblée pour l’expertise technique Coexlion, basé au Royaume-Uni et en Inde, n’est pas un acteur connu du grand public, mais son expertise est précieuse. Le cabinet a collaboré avec des marques prestigieuses comme Triumph et Hero, et possède une expérience directe dans la conception de véhicules électriques pour des fabricants exclusifs comme Ather Energy, Ola et Arc. Son savoir-faire couvre l’ensemble du cycle de développement produit, des batteries à la validation en production. Le cabinet détient même des brevets sur un système de transmission modulaire pour deux-roues électriques.
Pourquoi cette acquisition est cruciale pour Spiro Avec 95 000 motos électriques déployées en Afrique, plus de 2 500 stations d’échange de batteries et 30 millions d’échanges réalisés, Spiro domine le marché. En Kenya, la startup capte 52 % des ventes de motos électriques neuves en 2025. Le défi n’est plus la commercialisation, mais l’adaptation des véhicules aux conditions locales : routes dégradées, chaleur, poussière et spécificités du travail de taxi-moto.
Un centre R&D pour l’innovation made in Africa Spiro prévoit d’ouvrir un centre de recherche et développement au Kenya, doté d’ingénieurs capables de maîtriser l’ensemble du processus de conception et validation. L’objectif est clair : faire des véhicules conçus spécifiquement pour les défis africains, et non plus simplement adapter des modèles étrangers.
Perspectives Cette acquisition marque un tournant pour Spiro, qui passe du statut de simple opérateur à celui d’acteur intégrateur de la chaîne de valeur. En internalisant l’expertise technique, la startup se positionne pour innover et répondre aux besoins spécifiques du marché africain. Une stratégie qui pourrait bien redéfinir les standards de la mobilité électrique sur le continent.
En parallèle, l’Afrique Jobs Fund mise sur l’emploi Daniel Yu, cofondateur de Wasoko, lance un fonds philanthropique visant à créer des emplois en Afrique. Avec un objectif de 100 millions de dollars sur cinq ans, l’Africa Jobs Fund se concentrera sur deux axes : le développement des exportations manufacturières et la mobilité professionnelle internationale. Un pari audacieux pour répondre au déficit chronique d’emplois formels sur le continent.