Uber tourne le dos à l’Afrique, laissant derrière lui des milliers de chauffeurs dans la précarité. La décision brutale du géant américain de quitter le Nigeria et l’Ouganda a provoqué la colère de la National E-hailing Federation of South Africa (NEFSA), qui dénonce un « abandon socio-économique » aux conséquences dramatiques.

Un retrait en cascade qui inquiète

L’arrêt des services Uber au Nigeria et en Ouganda n’est pas un cas isolé. Le groupe a déjà quitté la Côte d’Ivoire et la Tanzanie dans des conditions similaires, sans consultation des travailleurs ni compensation. « Qui sera le prochain ? L’Afrique du Sud ? Le Kenya ? Le Ghana ? » s’interroge la NEFSA. Cette stratégie de retrait éclair, sans plan de transition pour les employés, soulève des questions sur la responsabilité des plateformes numériques en Afrique.

Des travailleurs laissés dans l’impasse

Les chauffeurs, souvent endettés pour financer leur véhicule ou leur contrat de location, se retrouvent piégés. « Des milliers de familles vont subir des conséquences graves », alerte la fédération syndicale. Les applications sont désactivées, mais les données des travailleurs restent entre les mains d’Uber, une situation qualifiée de « captivité des données ».

Un manque de régulation criant

La NEFSA accuse les gouvernements africains de complaisance face à ces pratiques. « Une entreprise peut entrer dans nos pays, exploiter la main-d’œuvre et les données, puis disparaître du jour au lendemain », dénonce-t-elle. Le syndicat appelle l’Union africaine (UA), la CEDEAO et la Communauté de l’Afrique de l’Est à adopter un code continental sur les sorties responsables des plateformes, garantissant consultation des travailleurs, allègement de la dette et suppression des données.

Des revendications urgentes

La fédération exige également que les gouvernements nigérian et ougandais interviennent pour effacer immédiatement les données des chauffeurs et leur offrir une compensation. En Afrique du Sud, elle demande à l’Information Regulator de convoquer les grandes plateformes pour qu’elles présentent leurs plans de sortie et de protection des données avant que la situation ne dégénère.

Solidarité avec les chauffeurs nigérians

Enfin, la NEFSA exprime son soutien aux chauffeurs nigérians et à leur syndicat, l’Amalgamated Union of App-based Transporters of Nigeria (AUATON). Elle insiste pour que le départ d’Uber ne se traduise pas par une exploitation accrue des travailleurs africains et de leurs données.

Cette affaire met en lumière les défis réglementaires auxquels l’Afrique doit faire face pour protéger ses travailleurs dans l’économie numérique.