UfarmX, la startup nigériane qui utilise la blockchain pour transformer l’agriculture, a atteint un cap important en facilitant plus de 6,8 millions de dollars de commerce agricole à travers le Nigeria, le Sénégal et la Libéria. Cette performance ouvre la voie à une expansion prochaine au Kenya, marquant ainsi son entrée sur le marché est-africain.**
L’innovation d’UfarmX réside dans sa plateforme qui offre aux petits agriculteurs un accès à des intrants de qualité, souvent via du crédit, tout en garantissant une transparence totale grâce à la technologie blockchain. La plateforme permet également aux agriculteurs de vendre leurs récoltes sur des marchés accessibles et leur fournit les données nécessaires pour optimiser leurs exploitations. Avec plus de 17 000 agriculteurs évalués et un réseau croissant de partenaires commerciaux vérifiés, UfarmX a su s’imposer comme un acteur clé dans le secteur.
L’un des aspects les plus remarquables du modèle d’UfarmX est son taux de défaut net de seulement 1,17 %, sans garantie collatérale. Un exploit dans un secteur que les banques africaines considèrent souvent comme trop risqué. Alexander Zanders, PDG d’UfarmX, explique que l’entreprise a commencé par le prêt direct pour valider son modèle. « Les agriculteurs ont remboursé, les rendements se sont améliorés et les revenus ont augmenté. Cependant, les banques évoluent trop lentement pour construire une entreprise autour de ce modèle. Nous avons donc développé un modèle de vente au détail où les commerçants locaux accordent du crédit aux agriculteurs en utilisant nos données, sans passer par les banques. »
La prochaine étape pour UfarmX est le lancement d’une API de notation de crédit en fin d’année, permettant aux banques et institutions financières de traiter les demandes de prêts agricoles directement via la plateforme d’UfarmX. Cette innovation pourrait bien révolutionner le secteur, à l’image des agences de crédit comme Equifax ou Experian aux États-Unis.
Parallèlement, UfarmX prévoit d’étendre ses opérations au Kenya dès le quatrième trimestre 2026, marquant ainsi son entrée sur le marché est-africain. Avant ce lancement, l’entreprise entame des discussions avec des banques, des institutions de financement du développement, des assureurs et des producteurs d’intrants pour leur offrir un accès anticipé à cette nouvelle infrastructure de souscription.
Alexander Zanders souligne que l’agriculture africaine est souvent perçue à travers le prisme de l’impact social, alors que le potentiel de capitalisation est immense. « Ce n’est pas de la charité, c’est le plus grand marché de crédit encore inexploité. » Avec ses innovations et son expansion stratégique, UfarmX pourrait bien redéfinir les standards du financement agricole en Afrique.