Un anneau qui remplace votre portefeuille : le pari audacieux de VezoPay

Il y a deux ans, l’idée d’un anneau permettant de régler ses achats d’un simple geste semblait relever de la science-fiction. Pourtant, aujourd’hui, des milliers de Sud-Africains utilisent déjà ce dispositif innovant. VezoPay, la startup derrière cette technologie, doit maintenant convaincre les dernières banques réticentes d’adopter son système. Un défi de taille alors que la concurrence, comme Apple, se prépare à entrer sur ce marché.

Une adoption progressive mais prometteuse

Depuis son lancement en juillet 2024, VezoPay a su séduire quatre grandes banques sud-africaines, dont Investec et Absa. Un cinquième établissement devrait rejoindre le partenariat d’ici la fin de l’année 2026. FNB et RMB Private Bank avaient déjà franchi le pas en octobre 2025. Malgré ces succès, près de 35 000 personnes attendent toujours que leur banque respective soit compatible avec l’anneau de paiement. Ce chiffre témoigne à la fois de la demande croissante et des contraintes réglementaires qui freinent l’expansion de VezoPay.

Les fondateurs, Jake Pinkus et Lawrence Baker, soulignent que le principal obstacle n’est pas technologique ni lié à la production, mais aux processus d’intégration bancaire. Chaque institution financière suit ses propres procédures internes avant de recevoir l’aval de la Banque de réserve sud-africaine. FNB a mis neuf mois à obtenir son approbation, tandis qu’Investec n’a nécessité que quatre mois. Les exigences des banques se sont même renforcées, avec des demandes de tests de pénétration et de transactions internationales pour garantir la traçabilité des fonds.

Un produit qui séduit au-delà des technophiles

Le récent partenariat avec Investec a révélé un engouement inattendu. Lors d’une campagne promotionnelle pour les clients privés, VezoPay a enregistré des centaines de ventes en quelques jours, principalement pour les modèles premium en or. Cela suggère que l’anneau attire non seulement les amateurs de technologie, mais aussi ceux qui y voient un symbole de statut.

La gamme s’est élargie pour inclure trois modèles : l’X en céramique, le Classic en acier inoxydable et le Signature en or. Ce dernier a été révisé pour passer d’un alliage de 21 carats à 18 carats, suite aux retours des utilisateurs. Les prix varient de 2 999 ZAR pour le modèle céramique à 9 250 ZAR pour la version or.

Une expansion continentale en préparation

Le carnet d’adresses de VezoPay reflète son ambition internationale. Phuti Mahanyele-Dabengwa, CEO de Naspers South Africa, a investi via le groupe Three Birds. Jonathan Smit, fondateur de PayFast, est également entré au capital début 2025. La dernière levée de fonds a attiré deux anciens dirigeants de Mimecast, une société spécialisée en cybersécurité. L’investissement initial de Three Birds a d’ailleurs été multiplié par dix.

En dehors de l’Afrique du Sud, deux banques mauriciennes testent déjà le produit. Des programmes bêta sont en cours dans trois autres marchés africains. Les partenariats avec Visa et Mastercard facilitent l’accès à d’autres émetteurs sur le continent.

Un marché concurrentiel qui s’annonce

La question cruciale pour VezoPay est de savoir si elle pourra convertir son immense liste d’attente en revenus avant l’arrivée de nouveaux concurrents. Apple a déjà lancé Tap to Pay sur iPhone en Afrique du Sud, et des solutions comme Samsung Pay, Garmin Pay et Fitbit Pay sont déjà compatibles avec les cartes Investec. La fenêtre d’opportunité pour s’imposer comme le moyen de paiement wearable par excellence pourrait donc se refermer rapidement.

Dans ce contexte, VezoPay doit accélérer ses partenariats bancaires et capitaliser sur son avance technologique pour rester leader sur un marché en pleine expansion.