Une immersion de six mois avant d’investir : la méthode révolutionnaire de VOA Venture Partners

Dans un paysage où les investisseurs prennent généralement leur décision après quelques réunions et une diligence raisonnable de quelques semaines, Victoria Olayide Adesanya, fondatrice de VOA Venture Partners, adopte une approche radicalement différente. Avant de signer un chèque, elle exige six mois d’immersion au sein de l’entreprise. Ce fonds de capital-risque, axé sur l’Afrique, mise sur les startups qui construisent l’infrastructure financière facilitant les flux d’argent vers et depuis le continent, avec une attention particulière aux fondateurs issus de la diaspora africaine.

Un marché jeune et des opportunités cachées

Contrairement à l’idée reçue que le secteur fintech africain est saturé, Adesanya voit un marché jeune et plein de lacunes, notamment dans les solutions business-to-business. Deux entreprises de son portefeuille illustrent cette vision : Blockradar, qui permet aux fintechs d’offrir des portefeuilles de stablecoins via une API sans recruter d’ingénieurs blockchain, et REasy, qui aide les petites entreprises en Afrique francophone à payer leurs fournisseurs en Chine et à Dubaï tout en gérant la logistique.

VOA Build : un programme innovant pour accélérer la croissance

Avant de lancer VOA, Adesanya a accumulé plus d’une décennie d’expérience dans la finance, passant par Barclays et Credit Suisse, ainsi que des missions de conseil pour des banques d’investissement comme Morgan Stanley. VOA Build, un programme pilote cette année avec quelques startups, permet à VOA d’agir comme un stratège en croissance supplémentaire pour les entreprises, sans engagement d’investissement initial. En échange de l’aide apportée à la génération de revenus, VOA obtient une part des revenus générés et une petite participation au capital qui s’acquiert progressivement. L’investissement ultérieur par le fonds VOA reste une décision distincte.

Un contexte de financement difficile pour les startups africaines

Adesanya a conçu ce programme dans un contexte où le financement des startups en phase initiale est rare. Selon Africa: The Big Deal, le nombre de startups africaines levant entre 100 000 et 1 million de dollars a chuté de 44 % au premier semestre 2026. Ce programme permet aux startups de bénéficier d’une expertise précieuse pour croître, tout en offrant à VOA une période d’observation approfondie avant toute décision d’investissement.

Une vision personnelle et un cadre d’investissement structuré

Inspirée par son expérience professionnelle et personnelle, notamment les défis rencontrés par sa grand-mère commerçante dans les années 1970 et 1980, Adesanya cherche à accélérer l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale. Elle identifie cinq piliers clés pour faciliter les mouvements de capitaux : la fragmentation des marchés, les défis réglementaires et de conformité, les lacunes technologiques et infrastructurelles, l’inclusion financière et l’économie informelle, ainsi que les risques de cybersécurité et de fraude.

Le fintech africain : un secteur en pleine expansion

Bien que le marché fintech africain soit souvent associé aux applications de transfert d’argent pour les consommateurs, Adesanya souligne l’importance des infrastructures financières B2B, souvent invisibles mais essentielles. Elle estime que le secteur est encore jeune et que les plus grandes entreprises africaines n’ont que 10 à 15 ans, bien loin des standards occidentaux. Pour elle, le potentiel de croissance est immense et les opportunités abondent pour ceux qui savent les saisir.

Conclusion : une approche holistique pour transformer l’écosystème financier africain

En combinant une immersion approfondie, un programme de croissance innovant et une vision à long terme, VOA Venture Partners se positionne comme un acteur clé pour transformer l’infrastructure financière en Afrique. En misant sur des solutions concrètes et en soutenant les fondateurs de la diaspora, Adesanya espère non seulement générer des rendements pour ses investisseurs, mais aussi contribuer à un écosystème financier plus inclusif et dynamique sur le continent.