Cinq ans après son investissement initial, Zedcrest franchit une nouvelle étape en acquérant pleinement Leatherback. Cette opération stratégique renforce la position du groupe nigérian dans l’écosystème financier africain, tout en relançant les ambitions de la fintech spécialisée dans les paiements transfrontaliers.

Une acquisition mûrement réfléchie

L’acquisition de Leatherback par Zedcrest, annoncée lundi, marque un tournant dans la stratégie du groupe financier nigérian. Plutôt que de se contenter d’un rôle d’investisseur passif, Zedcrest a décidé d’intégrer pleinement cette fintech à son écosystème. L’opportunité des paiements transfrontaliers, jugée « significativement sous-pénétrée », justifie cette prise de contrôle. Leatherback continuera toutefois à opérer de manière autonome, conservant son identité propre et ses produits spécifiques.

Cette acquisition s’inscrit dans une logique d’intégration verticale, similaire à celle observée avec OmniRetail et Traction Apps en 2024. En intégrant les infrastructures de paiement, les licences et les relations commerciales sous un même toit, Zedcrest renforce sa position sur le marché. Le groupe, déjà actif dans le crédit (via Zedvance Finance), la gestion d’actifs et le conseil en levée de fonds, ajoute désormais une brique essentielle à son édifice : la technologie permettant de collecter, convertir et transférer des fonds à l’international.

Une histoire d’amour avec des turbulences

Le parcours de Leatherback au sein du portefeuille Zedcrest n’a pas été sans obstacles. En 2021, la fintech avait levé 10 millions de dollars lors d’un tour pré-seed, avec Zedcrest en tête de file. Cependant, des difficultés opérationnelles et un remaniement de la direction ont temporairement ralenti son élan. Aujourd’hui, Leatherback se recentre sur une infrastructure fintech destinée aux entreprises opérant dans plusieurs marchés africains.

Pour Leatherback, cette acquisition présente plusieurs avantages. L’appui d’un groupe financier solide permet de réduire les coûts liés à l’expansion géographique, notamment en matière de conformité réglementaire et de partenariats bancaires. De plus, Zedcrest pourrait faciliter l’accès à sa clientèle existante, offrant ainsi un avantage concurrentiel non négligeable.

Implications pour le secteur financier africain

Cette opération illustre une tendance croissante dans l’écosystème fintech africain : la consolidation. Les acteurs majeurs, comme Zedcrest, cherchent à élargir leur offre de services en intégrant des solutions technologiques clés. Cette stratégie permet non seulement d’améliorer l’expérience client, mais aussi de diversifier les sources de revenus.

Par ailleurs, cette acquisition pourrait servir de modèle à d’autres groupes financiers africains souhaitant renforcer leur position sur le marché des paiements transfrontaliers. À l’heure où les régulations se renforcent, comme en témoigne la récente décision de justice kényane interdisant aux prêteurs non agréés d’engager des poursuites, la possession d’infrastructures locales devient un atout majeur.

En conclusion, l’acquisition de Leatherback par Zedcrest marque une étape importante dans la consolidation du secteur financier nigérian. Elle renforce la position du groupe sur le marché des paiements transfrontaliers tout en offrant à Leatherback les moyens de relancer sa croissance. Une opération gagnant-gagnant qui pourrait bien inspirer d’autres acteurs du secteur.