Absa, géant bancaire sud-africain, accélère sa transformation digitale. Pourtant, ses derniers résultats révèlent un paradoxe : plus de clients connectés, mais des coûts technologiques en hausse.
La banque enregistre une croissance de 14 % de ses clients actifs sur le digital. Un succès en apparence, mais qui cache une réalité plus complexe : les dépenses technologiques ont atteint 8,78 milliards de rands (538,7 millions de dollars), en plus d’une dépréciation supplémentaire de 200 millions de rands (12,3 millions de dollars) sur ses actifs logiciels. Ces chiffres soulèvent une question cruciale : les banques africaines échangent-elles simplement des coûts d’infrastructure physique contre ceux, tout aussi lourds, d’une technologie de pointe ?
Si les applications réduisent effectivement le coût de service par client, elles nécessitent en contrepartie des investissements colossaux dans les logiciels, l’infrastructure cloud, la cybersécurité et les talents techniques. Absa, qui dessert 13,4 millions de clients à travers 17 pays, illustre parfaitement ce dilemme. Ses dépenses IT, incluant salaires et amortissements, ont grimpé de 7 % pour atteindre 8,8 milliards de rands au premier semestre 2026. Cela représente près de 28 % de ses dépenses opérationnelles totales, soit 31,4 milliards de rands (1,9 milliard de dollars).
La banque a également enregistré une dépréciation supplémentaire de 200 millions de rands sur ses actifs logiciels, après une perte déjà lourde de 2,4 milliards de rands (147,2 millions de dollars) en 2025. Ces dépréciations s’expliquent par des changements stratégiques, des évolutions réglementaires et l’accélération du progrès technologique. « Certaines de nos solutions logicielles n’ont plus de valeur d’usage, notamment au siège », précise Absa dans son rapport.
Malgré ces défis, la banque maintient le cap sur l’innovation. Ses revenus totaux ont progressé de 4,1 % pour atteindre 58,79 milliards de rands (3,61 milliards de dollars), tandis que son bénéfice par action a bondi de 7,9 %. Le retour sur capitaux propres s’améliore également, passant de 14,8 % à 15 %. Les prêts et dépôts ont aussi enregistré une croissance de 5 % et 8 %, respectivement. Un dividende intermédiaire de 850 cents par action, en hausse de 8,3 %, a été déclaré.
Cette stratégie digitale ambitieuse pose une question essentielle : comment concilier innovation et maîtrise des coûts ? Pour Absa, la réponse passe par une optimisation continue de ses investissements technologiques, tout en s’adaptant aux mutations du secteur. Dans un paysage bancaire africain en pleine mutation, cette approche pourrait bien définir les gagnants de demain.