Airtel Africa ajuste ses plans pour son futur géant des données en Afrique de l’Est
Le projet pharaonique d’Airtel Africa prend du retard. Le groupe a annoncé ce lundi un report de l’ouverture de son data centre Nxtra à Tatu City, au Kenya. Initialement prévu pour le premier trimestre 2027, l’inauguration est désormais fixée à juillet de la même année. Une décision révélée par Djibril Tobe, le tout nouveau directeur général d’Airtel Kenya.
Avec un investissement colossal de 150 millions de dollars, cette infrastructure promet de devenir le plus grand centre de données d’Afrique de l’Est. Sa capacité devrait être dix fois supérieure à celle des installations régionales existantes. Les travaux de terrassement ont débuté en septembre 2025, avec une localisation stratégique à Tatu City pour profiter d’infrastructures électriques dédiées et d’avantages fiscaux.
Un projet ambitieux pour transformer le paysage numérique africain
L’installation, conçue autour d’une puissance de 44 mégawatts (MW) livrée en deux phases de 22 MW chacune, s’inscrit dans une stratégie plus large. En avril dernier, Airtel a confirmé un investissement d’un milliard de dollars dans sa filiale Nxtra, valorisée à 3,1 milliards après cette levée de fonds. Des géants comme Alpha Wave Global, The Carlyle Group et Anchorage Capital Group ont participé à cette opération.
Une partie de ces fonds servira à étendre les capacités de Nxtra en Inde, passant de 300 MW à 1 gigawatt (GW), avec un partenariat majeur incluant un campus de data centres dédié à l’IA d’une valeur de 15 milliards avec Google. L’autre partie financera le déploiement africain d’Airtel, avec des projets en cours à Lagos (Nigeria), Kinshasa (RDC), Kampala (Ouganda) et Dar es Salaam (Tanzanie). Le futur data centre hyperscale de 38 MW à Eko Atlantic, près de Lagos, devrait devenir le plus grand du Nigeria.
Des partenariats stratégiques avec les géants technologiques
Ce centre de données kényan ne se contentera pas d’améliorer les infrastructures locales. Il attire déjà l’attention des plus grandes entreprises technologiques mondiales. Djibril Tobe a révélé que des négociations étaient en cours avec Apple, Oracle, Google et Microsoft pour héberger leurs serveurs localement. Une telle collaboration réduirait considérablement la latence pour les utilisateurs est-africains, améliorant le streaming, le cloud computing et les applications d’IA.
L’Afrique de l’Est vit actuellement une révolution numérique majeure. Ce data centre, bien que légèrement en dessous du Teraco JB4 Bredell (50 MW) en Afrique du Sud, renforcera significativement les capacités cloud de la région. Une avancée majeure pour le continent qui confirme l’ambition d’Airtel dans ce secteur en pleine expansion.