Bfree, la startup nigériane spécialisée dans la gestion des prêts en souffrance, vient de lever 3,1 millions de dollars pour étendre son modèle innovant à travers l’Afrique. Cette levée de fonds intervient après une année 2024 fructueuse, marquée par un tour de table de 2,95 millions de dollars mené par Capria Ventures et des financements débiteurs stratégiques.**

Depuis sa création en 2020, Bfree a su se positionner comme un acteur clé dans un segment souvent négligé de la fintech africaine : la restructuration des prêts en défaut. Fondée par Julian Flosbach, Chukwudi Enyi et Moses Nmor, des vétérans du secteur du crédit numérique, la startup a développé une solution technologique pour remplacer les méthodes de recouvrement intrusives par des systèmes automatisés basés sur l’intelligence artificielle.

Un marché en pleine mutation Le secteur du crédit numérique en Afrique a connu une croissance exponentielle ces dernières années, mais l’infrastructure nécessaire pour gérer les défauts de paiement a pris du retard. Résultat : une hausse des prêts non performants et des pratiques de recouvrement controversées. Bfree propose une alternative éthique, utilisant des chatbots, des callbots et des portails de paiement pour restructurer les dettes sans pénalités supplémentaires.

Des résultats impressionnants Depuis son lancement, Bfree a traité plus de 740 millions de dollars de prêts en souffrance et interagi avec 6,6 millions d’emprunteurs dans trois pays clés : le Nigeria, le Ghana et le Kenya. La startup collabore avec plus de 30 institutions financières, allant des prêteurs digitaux aux banques traditionnelles.

Une stratégie audacieuse : l’achat de portefeuilles de prêts La dernière levée de fonds vise à renforcer la capacité de Bfree à acquérir des portefeuilles de prêts en souffrance. En achetant directement ces actifs auprès des prêteurs, la startup transforme les créances douteuses en produits financiers négociables. Cette approche innovante répond à un besoin crucial dans les marchés africains, où les données des emprunteurs sont souvent incomplètes et les transferts de prêts entre institutions complexes.

L’innovation technologique au service du recouvrement Bfree mise sur des outils avancés comme la blockchain et les technologies de finance décentralisée pour faciliter le trading secondaire de ces portefeuilles. L’objectif est de rendre les prêts en souffrance plus transparents et attractifs pour les investisseurs.

Un secteur en pleine croissance Alors que les régulateurs africains renforcent les règles de protection des consommateurs, les entreprises spécialisées dans le recouvrement de dettes deviennent indispensables. La récente levée de fonds de Bfree illustre l’intérêt croissant des investisseurs pour ce marché prometteur, souvent ignoré jusqu’à présent.

Conclusion Avec plus de 12 millions de dollars levés depuis sa création, Bfree incarne la nouvelle génération de fintechs africaines qui résolvent des problèmes structurels dans le secteur financier. Son modèle pourrait bien redéfinir la gestion des prêts en souffrance sur le continent.