Les compétences qui propulsent une carrière technologique peuvent devenir un frein lorsqu’on accède à des postes de direction générale. Phil Dundas, directeur technique d’AlTi Global, en sait quelque chose. Après des années à piloter la transformation numérique de grandes institutions financières, il a dû réinventer son approche du leadership.
La confiance, pilier de l’innovation
Dans le secteur de la gestion de patrimoine, tout repose sur la confiance. Comme le souligne Dundas : « La confiance arrive à vélo et part en voiture de sport. » Construire cette relation prend des années, mais elle peut s’effondrer en un instant. Pour Dundas, la confiance client repose sur deux piliers : des données fiables et une gouvernance rigoureuse.
Cette obsession pour les fondations solides s’étend à l’intelligence artificielle. « Des données propres et des identités bien structurées permettent de déployer des outils IA performants, sans mauvaises surprises », explique-t-il. Contrairement aux idées reçues, ces garde-fous ne ralentissent pas l’innovation ; ils la rendent possible à grande échelle.
Passer du « comment » au « pourquoi »
Le vrai défi pour un leader technologique est de savoir déléguer. Dundas a dû apprendre à lâcher prise : « Mon instinct d’expert technique me poussait à vouloir tout contrôler. Mais en grandissant dans le rôle, j’ai compris que mon travail était de définir la destination, pas le chemin. »
Cette leçon lui a été douloureusement rappelée lors d’une opération de scission d’entreprise. Son équipe avait conçu une solution technique élégante, mais totalement inadaptée aux utilisateurs finaux. Contre toute attente, ils ont dû revenir à une solution plus simple pour respecter les délais. Une expérience qui a renforcé sa conviction : « La flexibilité sur le chemin est essentielle, mais la clarté sur l’objectif doit rester absolue. »
Mesurer le succès par l’autonomie de l’équipe
Aujourd’hui, Dundas évalue son efficacité non plus par les problèmes qu’il résout lui-même, mais par la capacité de son organisation à innover en autonomie. « Créer un environnement où les bonnes décisions se prennent à tous les niveaux, c’est ça, le vrai leadership. » Une approche cruciale alors que les CIO doivent piloter des transformations à un rythme sans précédent.
Dans un monde où la technologie et le business s’entremêlent de plus en plus, les dirigeants doivent allier vision stratégique et humilité opérationnelle. C’est ce qui sépare les simples experts techniques des vrais leaders d’entreprise.