L’Afrique du Sud, souvent perçue comme un leader technologique en Afrique, vient de subir un revers embarrassant dans sa régulation de l’intelligence artificielle. Le département des Communications et Technologies Numériques (DCDT) a publié un projet de politique sur l’IA le 2 avril, mais celui-ci s’est rapidement transformé en un fiasco lorsque des critiques ont découvert que six citations étaient fabriquées ou introuvables.

Un scandale de citations fantômes

Le projet de politique, qui visait à encadrer le développement de l’IA en Afrique du Sud, classait les technologies d’IA en quatre catégories de risque : inacceptable, élevé, limité et minimal. Cependant, l’attention s’est rapidement tournée vers les références utilisées pour étayer ce document. Selon News24, plusieurs articles cités n’existaient pas, ne pouvaient être trouvés dans des revues académiques ou semblaient avoir été générés par une hallucination d’IA. Cette situation est d’autant plus ironique que la politique elle-même cherchait à réguler les risques liés à l’IA.

Face à ces révélations, Solly Malatsi, ministre des Communications et Technologies Numériques, a réagi rapidement. Il a d’abord demandé une enquête interne pour identifier les responsables, puis a confirmé la véracité des allégations et retiré le projet de politique. Dans un tweet, il a déclaré : « L’explication la plus plausible est que des citations générées par l’IA ont été incluses sans vérification appropriée. Cela n’aurait pas dû arriver. » Il a également promis des conséquences pour ceux impliqués dans la rédaction et l’assurance qualité du document.

Les implications pour l’Afrique du Sud

Ce scandale met en lumière les défis auxquels l’Afrique du Sud est confrontée dans sa régulation des technologies émergentes. Alors que d’autres pays comme le Nigeria et le Kenya se concentrent sur la centralisation de la surveillance de l’IA, l’Afrique du Sud avait choisi une approche décentralisée. Bien que cette intention soit louable, la mise en œuvre laisse à désirer.

Le gouvernement sud-africain doit maintenant réparer les dégâts causés par cette erreur. Le retrait de la politique et l’enquête interne montrent une volonté de transparence, mais le scandale a déjà entaché la réputation du pays en matière de régulation technologique. Par ailleurs, alors que le Nigeria encourage l’utilisation de l’IA pour lutter contre la fraude, l’Afrique du Sud doit maintenant prouver qu’elle peut gérer efficacement cette technologie sans répétition de tels incidents.

Mastercard renforce sa position en Afrique

Dans un autre développement, Mastercard consolide sa présence en Afrique grâce à un partenariat stratégique avec Nedbank. Le géant des paiements a signé un accord de 10 ans avec la quatrième plus grande banque commerciale d’Afrique du Sud pour migrer son portefeuille de cartes vers son réseau. Cet accord couvre l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, la Namibie, l’Eswatini, le Lesotho et le Mozambique.

Cette collaboration permet à Nedbank de bénéficier des systèmes de détection de fraude et du traitement plus rapide des transactions de Mastercard, renforçant ainsi sa position dans le secteur de la banque numérique. Parallèlement, Mastercard a annoncé l’acquisition de BVNK, une entreprise spécialisée dans les infrastructures de stablecoins, pour 1,8 milliard de dollars. Cette acquisition souligne l’engagement de Mastercard à intégrer les paiements par carte et les portefeuilles crypto.

Alors que l’Afrique du Sud fait face à un scandale technologique, Mastercard montre comment les entreprises peuvent tirer parti des opportunités offertes par le continent. Ce contraste met en évidence les défis et les possibilités de la transformation numérique en Afrique.