L’État d’Anambra franchit une étape concrète dans l’adoption de l’intelligence artificielle, en déployant un système interne basé sur des modèles open-source. Une initiative qui pourrait redéfinir l’approche de la transformation numérique dans les gouvernements locaux nigérians.**

Alors que la plupart des annonces gouvernementales sur l’IA en Nigeria restent au stade des intentions ou des partenariats pilotes, Anambra se distingue par une mise en œuvre opérationnelle. L’Agence ICT de l’État a annoncé avoir automatisé l’ensemble de ses processus internes grâce à un système d’IA adapté à partir d’un modèle open-source existant. Cette révélation a été faite par Chukwuemeka Fred Agbata, Directeur général et PDG de l’agence, lors d’une session virtuelle avec des journalistes technologiques le 13 août.

Agbata a été clair : l’agence n’a pas tenté de développer un grand modèle de langage de pointe, un projet qu’il estime au-delà des capacités actuelles du Nigeria en termes de ressources computationnelles et financières. À la place, ils ont choisi d’adapter un modèle open-source pour des cas d’utilisation locaux spécifiques. Cette approche a permis d’automatiser complètement les opérations de l’agence, avec des gains de productivité mesurables.

L’objectif désormais est d’étendre cette solution à d’autres services gouvernementaux, notamment pour lutter contre les fuites de revenus et améliorer la productivité du secteur public. Cette démarche contraste avec les annonces habituelles des autres entités gouvernementales nigérianes, souvent limitées à des mémorandums d’entente ou des programmes pilotes.

L’initiative s’inscrit dans la phase « 2.0 » de l’agence, qui vise à approfondir les gains en infrastructure numérique et en e-gouvernance initiés lors du premier mandat. Le gouverneur Charles Soludo a orienté cette seconde phase vers un développement piloté par l’IA, tout en maintenant les projets existants comme le programme de Wi-Fi public gratuit. Ce dernier, bien que temporairement adapté pendant la campagne électorale, reste opérationnel dans plusieurs sites, malgré des pannes occasionnelles liées aux conditions météorologiques.

Si cette approche open-source et adaptable s’avère efficace, elle pourrait offrir un modèle plus accessible et reproductible pour d’autres gouvernements locaux confrontés à des contraintes de ressources.

Un modèle à suivre pour les administrations africaines ?

L’expérience d’Anambra soulève des questions sur la viabilité des solutions open-source dans les contextes africains. Alors que les grandes entreprises technologiques dominent le marché de l’IA, cette initiative montre qu’une autonomie technologique est possible, même avec des budgets limités. Reste à voir si d’autres États nigérians, voire africains, suivront cet exemple pour moderniser leurs administrations.