Le vice-président de FintechNGR plaide pour une refonte des priorités dans les services financiers numériques

Alors que le Nigeria célèbre ses avancées spectaculaires dans les paiements numériques, un appel vibrant est lancé pour recentrer le débat sur l’équité plutôt que sur la simple croissance des transactions. Dr Jameelah Sharrieff-Ayedun, vice-présidente de l’Association nigériane des fintechs (FintechNGR) et directrice générale de CreditRegistry, a souligné lors du récent forum PAFON 3.0 que la véritable mesure de succès réside dans l’inclusion financière durable, pas seulement dans le volume des opérations.

Un paradoxe financier persistant

Le pays a effectivement réalisé des progrès impressionnants : les transactions instantanées ont dépassé 600 billions de nairas en 2024, selon les données de NIBSS. L’inclusion financière a atteint 64% de la population adulte, portée par les innovations mobiles et l’extension des réseaux bancaires. Pourtant, ce tableau idyllique cache une réalité plus complexe : près de 26% des adultes nigérians restent totalement exclus du système financier, tandis que d’autres naviguent en périphérie de l’inclusion.

‘Le volume n’est pas inclusion. L’activité n’est pas empowerment’

Cette déclaration percutante de Dr Sharrieff-Ayedun résume le cœur du problème. L’infrastructure de paiement avancée du Nigeria ne profite pas équitablement à tous ses citoyens. Les systèmes numériques doivent être conçus pour servir toutes les démographies, y compris les populations sous-dotées.

Les trois piliers de l’équité numérique

Pour transformer les paiements numériques en véritables leviers d’inclusion, trois principes fondamentaux doivent guider leur conception :

  1. La transparence - Élimination des frais cachés et clarté totale sur les coûts
  2. La fiabilité - Garantie de transactions sans faille et prévisibles
  3. L’accessibilité - Conception inclusive servant tous les segments de la population

Ces éléments combinés construisent la confiance, que Dr Sharrieff-Ayedun décrit comme ‘la véritable monnaie des systèmes financiers’. Elle insiste sur le rôle crucial de CreditRegistry dans la transformation des données transactionnelles en cadres de confiance et les comportements financiers en intelligence créditrice.

Du paiement à la prospérité

L’experte souligne que les systèmes financiers inclusifs doivent aller au-delà de l’accès basique pour créer des voies vers le crédit, la mobilité économique et la richesse intergénérationnelle. ‘Nous ne construisons pas simplement des systèmes, nous créons de la visibilité financière pour des millions de Nigérians’.

Son message final aux décideurs politiques, institutions financières et parties prenantes industrielles est clair : l’avenir du système financier nigérian ne se mesurera pas à la vitesse des paiements, mais à leur équité. ‘Parce que l’équité construit la confiance. La confiance favorise l’inclusion. Et l’inclusion débloque la prospérité’.