La Banque Centrale du Nigeria (CBN) a pris une décision majeure pour les agents de Point of Sale (PoS), en élargissant le rayon d’action autorisé pour ces terminaux. Cette mesure, annoncée dans une circulaire du 29 mai, porte la distance opérationnelle de 10 à 70 mètres par rapport à l’adresse enregistrée. Une flexibilité bienvenue pour un secteur en pleine expansion.
Un contexte de restrictions strictes
En août 2025, la CBN avait imposé une règle stricte : chaque terminal PoS devait être géolocalisé avec précision et ne pouvait fonctionner qu’à 10 mètres de son adresse enregistrée. Cette mesure visait à lutter contre la fraude, un enjeu majeur dans un pays où les transactions PoS ont atteint 10,51 billions de nairas (6,8 milliards de dollars) au premier trimestre 2025. Cependant, cette contrainte a rapidement montré ses limites.
Les agents PoS, souvent mobiles pour servir leurs clients dans des marchés ou zones commerciales étendues, se retrouvaient en situation de non-conformité pour un simple déplacement de quelques mètres. Par ailleurs, les fraudeurs pouvaient facilement contourner la règle en réenregistrant leurs terminaux à de nouvelles adresses.
Une décision stratégique
L’extension du rayon d’action à 70 mètres, avec un report de la date limite de mise en conformité au 1er août 2026, offre un répit bienvenu. Cette décision permet à la CBN de gagner du temps pour concevoir une politique plus adaptée, tout en répondant aux besoins des quelque 1 600 agents PoS par kilomètre carré que compte le Nigeria.
Cette flexibilité pourrait également stimuler un secteur déjà dynamique. Les transactions PoS ont connu une croissance spectaculaire de 301,67 % entre le premier trimestre 2024 et le même période en 2025. Un signe que les agents jouent un rôle clé dans l’inclusion financière, malgré les défis réglementaires.
Perspectives d’avenir
La décision de la CBN illustre une volonté d’équilibre entre sécurité et pragmatisme. Elle reconnaît l’importance des agents PoS dans l’économie informelle, tout en cherchant à minimiser les risques de fraude. À moyen terme, cette mesure pourrait encourager davantage d’innovations dans le secteur des paiements mobiles, déjà en pleine effervescence depuis la crise de liquidités de 2023.
Pour les acteurs comme OPay et Moniepoint, cette flexibilité pourrait ouvrir de nouvelles opportunités. Reste à voir comment la CBN affinera sa politique d’ici août 2026, date butoir pour la mise en conformité des agents.