L’émergence des neoclouds bouleverse la stratégie cloud des entreprises africaines
Alors que les géants du cloud comme AWS, Google Cloud et Microsoft Azure dominent le marché, une nouvelle vague de fournisseurs alternatifs, appelés neoclouds, gagne du terrain. Ces acteurs se spécialisent dans des niches comme le calcul natif en IA, les déploiements souverains et les infrastructures edge, promettant des réductions de coûts et des performances optimisées.
Un équilibre stratégique entre hyperscalers et neoclouds
De plus en plus d’organisations africaines réévaluent leurs stratégies cloud pour éviter la dépendance excessive envers les hyperscalers. Kyle Campos, CTPO chez CloudBolt, souligne que cette tendance vise à réduire les risques de verrouillage et de concentration. Les avantages des neoclouds incluent un stockage d’objets à moindre coût, une meilleure performance edge pour les applications sensibles à la latence, et un accès accéléré aux GPU dédiés pour les charges de travail en IA. La souveraineté des données pousse également à l’adoption de fournisseurs locaux.
Des adoption mesurée et ciblée
Malgré leur potentiel, les neoclouds restent marginaux dans les environnements d’entreprise. Les dirigeants africains adoptent une approche prudente, évaluant la maturité, les coûts et l’intégration avec les infrastructures existantes. Ravi Soin, CIO et CISO de Smartsheet, illustre cette prudence : « Nous développerons notre utilisation des neoclouds, mais dans un périmètre clairement défini. Cette discipline distingue une adoption réfléchie d’une prolifération incontrôlée. »
Compliance et transparence : des critères incontournables
La conformité est un enjeu majeur pour les entreprises africaines. Les certifications comme SOC 2, ISO 27001, FedRAMP ou IRAP sont des filtres décisifs. Pour Soin, ces certifications sont souvent un obstacle précoce pour les neoclouds, surtout pour les charges de travail réglementées. Smartsheet, qui traite des données clients sensibles, exige des cadres stricts de conformité et de souveraineté. Nigel Gibbons, directeur chez NCC Group, souligne que la validation de la confiance devient une exigence pressante des régulateurs et du marché.
Transparence opérationnelle et observabilité
L’infrastructure supportant les charges de travail en IA nécessite une observabilité granulaires. Soin interroge : « Le fournisseur peut-il offrir une visibilité end-to-end sur la couche d’inférence : des journaux inviolables, un suivi des versions de modèles, et la capacité de tracer ce qui arrive aux données clients de l’entrée à la sortie ? » Cette transparence est cruciale pour maintenir la confiance des clients.
Une évaluation par charge de travail
Les neoclouds sont souvent perçus comme complémentaires aux hyperscalers, optimisés pour des cas d’usage spécifiques. Gibbons les décrit comme une « infrastructure conçue pour des charges de travail, des modèles de confiance ou des exigences de contrôle spécifiques ». Campos ajoute que leur utilisation dépend du projet, souvent lié à l’IA/ML. CloudBolt utilise des neoclouds pour le stockage d’objets et les migrations VMware.
Conclusion : vers une adoption progressive
Les neoclouds représentent une opportunité stratégique pour les entreprises africaines, mais leur adoption nécessite une évaluation rigoureuse. La compliance, la transparence et l’observabilité sont des critères incontournables. À terme, ces solutions pourraient compléter les hyperscalers, offrant une flexibilité accrue pour des charges de travail spécifiques.