Lucky, la pépite fintech égyptienne, lève 23 millions de dollars pour devenir une banque digitale en Afrique du Nord

Fondée à Cairo en 2019, Lucky a commencé comme une plateforme de cashback avant de se réinventer en tant que leader du crédit à la consommation. Aujourd’hui, elle franchit une nouvelle étape avec une levée de fonds de 23 millions de dollars en Series B, combinant capitaux propres et dette. Parmi les investisseurs figurent Disruptech Ventures, DPI Venture Capital via le fonds Nclude, Suez Canal Bank et OneStop. Mohamed Farouk, président de OneStop, rejoint le conseil d’administration en tant que nouveau chairman.

Une croissance fulgurante et une rentabilité précoce

Contrairement à de nombreuses startups qui misent tout sur l’acquisition client, Lucky a atteint la rentabilité fin 2025 et a triplé son taux de croissance annuel habituel. Cette performance exceptionnelle s’explique par une stratégie axée sur l’intelligence artificielle et les technologies d’évaluation des risques, permettant d’offrir du crédit à des populations exclues des services bancaires traditionnels. « L’accès aux finances est le fondement du progrès », déclare Ayman Essawy, CEO de Lucky. « Cette levée nous permet de croître de manière responsable, d’investir dans notre infrastructure et d’approfondir notre impact alors que les régulateurs facilitent l’ouverture de comptes digitaux et modernisent les cadres de paiement en Égypte et dans la région. »

Vers une banque digitale complète

Lucky ambitionne de dépasser le simple prêt pour offrir des services bancaires complets. La société est en cours d’obtention d’une licence de fournisseur de services de paiement auprès de la Banque centrale égyptienne, ce qui lui permettrait d’élargir sa gamme de produits financiers. Les nouvelles réglementations égyptiennes simplifient effectivement le processus pour les fintechs souhaitant proposer des services bancaires, réduisant ainsi les barrières face aux banques établies.

Un marché prometteur en Afrique du Nord

Lucky n’est pas seule dans cette course aux licences bancaires. De plus en plus de fintechs africaines cherchent à élargir leur offre pour inclure des services financiers complets. Cette expansion témoigne de la confiance dans le marché du crédit à la consommation en Afrique du Nord et de la demande croissante pour des alternatives bancaires digitales. La levée de fonds en Series B positionne Lucky pour rivaliser avec les banques traditionnelles et d’autres startups fintech, alors que l’environnement réglementaire égyptien devient de plus en plus favorable aux services financiers digitaux.

Une vision claire pour l’avenir

Mohamed Farouk souligne que la rentabilité et la force du produit de Lucky ont été des facteurs clés pour attirer les investisseurs. « Lucky a démontré une croissance disciplinée et un excellent ajustement produit-marché », déclare-t-il. Il ajoute que la plateforme est bien positionnée pour capitaliser sur la croissance du crédit à la consommation et de la néo-banque dans la région.

Alors que Lucky se prépare à étendre ses services en Afrique du Nord, son succès illustre le potentiel immense des fintechs pour transformer le paysage financier en Afrique.