OPay, le géant nigérian des paiements mobiles, pourrait bientôt faire son entrée à Wall Street avec une valorisation ambitieuse de 4 milliards de dollars. Cette perspective marque l’apogée d’une trajectoire fulgurante pour l’entreprise, passée en quelques années d’un simple service de covoiturage à un acteur majeur de la fintech africaine.
Depuis son incubation par le groupe Opera en 2018, OPay a su capitaliser sur l’explosion des solutions de paiement numérique au Nigeria. Le pays, confronté à une pénurie de liquidités en 2023 suite à la réforme des billets par la banque centrale, a vu ses habitants massivement adopter les applications de paiement mobile. OPay en a été l’un des principaux bénéficiaires, quadruplant sa base d’utilisateurs cette année-là et enregistrant une croissance de plus de 60% de son chiffre d’affaires en données comparables.
Aujourd’hui, l’entreprise revendique plus de 50 millions d’utilisateurs au Nigeria et traite environ 12 milliards de dollars de transactions mensuelles depuis le milieu de l’année dernière. Ces chiffres impressionnants ont attiré l’attention des grandes banques d’investissement, avec Citigroup, Deutsche Bank et JPMorgan Chase mandatés pour piloter son introduction en Bourse aux États-Unis, potentiellement d’ici la fin de l’année.
Cette valorisation cible de 4 milliards de dollars représente une progression spectaculaire depuis la levée de fonds de 2021, où OPay avait atteint une valorisation de 2 milliards de dollars grâce à un tour de table de 400 millions de dollars mené par le Vision Fund 2 de SoftBank. Depuis, la valorisation implicite de l’entreprise a continué de grimper, atteignant 2,7 milliards de dollars début 2024 puis 3,1 milliards fin 2025 selon les derniers documents réglementaires d’Opera.
La préparation de l’IPO s’est accélérée avec la nomination en décembre dernier d’une nouvelle équipe dirigeante internationale. Lars Boilesen, ancien CEO d’Opera, a été nommé co-CEO aux côtés de James Perry, ex-directeur général de Citigroup fort de 25 années d’expérience en banque d’investissement, comme directeur financier.
OPay évolue dans un marché concurrentiel mais concentré, où elle se partage avec Moniepoint et PalmPay plus de 90 millions d’utilisateurs au Nigeria. Une récente directive de la Banque centrale du Nigeria, limitant les agents de paiement à une seule institution financière, pourrait encore renforcer sa position dominante.
Une introduction en Bourse réussie ferait d’OPay la plus grosse IPO technologique jamais réalisée au Nigeria. Elle pourrait également servir de baromètre pour le secteur fintech africain, en pleine mutation après plusieurs années de ralentissement des financements. OPay rejoindrait ainsi Airtel Africa, dont l’unité mobile money prévoit également une introduction en Bourse à 4 milliards de dollars.
Bien que les plans d’IPO n’aient pas été officiellement confirmés par OPay, cette perspective illustre le potentiel énorme des solutions financières digitales en Afrique subsaharienne, où la demande pour des services inclusifs et accessibles ne cesse de croître.**