Sabou Capital, le fonds d’impact nigérian spécialisé dans les PME technologiques, vient de franchir une étape cruciale avec un investissement stratégique du Mastercard Foundation Africa Growth Fund. Cette injection de capital, dont le montant n’a pas été divulgué, permettra au fonds d’étendre son soutien à des entreprises en phase de croissance précoce dans des secteurs clés comme l’agriculture, la santé, la logistique, les fintechs et les technologies climatiques. Les pays ciblés incluent le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Nigeria.

Un pari sur les villes secondaires

L’approche de Sabou Capital se distingue par sa focalisation sur des régions souvent négligées par les investisseurs traditionnels. « Nous visons des villes secondaires et des zones où le capital conventionnel ne pénètre pas », explique Surayyah Ahmad, associée chez Sabou Capital. Ces entreprises, bien que génératrices de revenus et opérationnelles, peinent à attirer des investisseurs en raison d’un manque d’infrastructure de préparation aux investissements.

Diversification des secteurs et signes de reprise

Alors que les fintechs continuent de dominer le paysage des levées de fonds en Afrique, une tendance émergente montre un intérêt croissant pour d’autres secteurs. Entre janvier et février 2026, les startups africaines ont levé 575 millions de dollars à travers 58 deals. Les secteurs de la logistique et du transport ont particulièrement brillé en février, tandis que l’agritech, en difficulté en 2025, montre des signes de reprise.

Sabou Capital entend capitaliser sur cette dynamique en soutenant des entreprises situées dans ces villes secondaires, où les marchés sont actifs mais le capital rare. Le fonds prévoit des tickets d’investissement compris entre 300 000 et 2 millions de dollars, avec un objectif de clôture finale au troisième trimestre 2027.

Un accompagnement sur mesure

Au-delà du financement, Sabou Capital propose un soutien technique pré-investissement pour aider les fondateurs à améliorer leur reporting financier et à attirer des capitaux supplémentaires. Le soutien post-investissement se concentre sur la croissance opérationnelle et la résilience climatique.

« Le problème n’est pas un manque d’entreprises viables, mais un décalage entre la structure du capital et la manière dont ces entreprises évoluent », souligne Christian Amouo, associé chez Sabou Capital. « Notre rôle est de combler ce fossé pour permettre aux entreprises de progresser dans des conditions qui reflètent leurs réalités. »

Un impact social ambitieux

Lancé en 2025, Sabou Capital investit dans des PME allant du late pre-seed à la série A, couvrant des secteurs tels que l’agriculture, les énergies renouvelables, la chaîne d’approvisionnement et la mobilité. Parmi ses participations figure Tomato Jos, une entreprise nigériane de production de concentré de tomates à partir de tomates locales.

Sabou Capital estime que son fonds pourrait créer environ 4 200 emplois directs et 50 000 emplois indirects dans la chaîne de valeur, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes.

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large de transformation numérique en Afrique, où les fonds d’impact jouent un rôle clé dans la réduction des inégalités d’accès au capital.