La fintech kényane WapiPay franchit une nouvelle étape dans son expansion mondiale en obtenant une licence de prestataire de services monétaires (MSB) au Canada. Cette autorisation, délivrée par le Centre d’analyse des transactions et des rapports financiers du Canada (FINTRAC), permet à l’entreprise de proposer des services de change, de transfert d’argent et de paiement dans ce marché nord-américain. Une première pour cette société fondée à Nairobi, qui étend ainsi son réseau de paiements déjà présent en Afrique, en Asie, au Royaume-Uni et dans les Caraïbes.

L’obtention de cette licence représente un « jalon majeur » pour WapiPay, selon son cofondateur et PDG Edward Ndichu. « En combinant les capacités de paiement traditionnelles avec les monnaies virtuelles et les actifs numériques dans le cadre réglementaire robuste du Canada, nous construisons les rails financiers globaux de demain », a-t-il déclaré. Cette approbation réglementaire ouvre également la voie à des transactions impliquant les cryptomonnaies et actifs digitaux.

Cette percée canadienne s’inscrit dans une stratégie d’expansion mondiale accélérée. En avril dernier, WapiPay avait déjà obtenu les autorisations nécessaires pour opérer en Jamaïque, utilisant ce pays comme plateforme de connexion entre l’Afrique, l’Asie et les Caraïbes. Fondée en 2019 par les jumeaux Eddie Ndichu et Paul Ndichu, la société s’était initialement concentrée sur les paiements transfrontaliers entre l’Afrique et l’Asie, ciblant particulièrement les commerçants et petites entreprises.

Cependant, WapiPay élargit progressivement son champ d’action. En février dernier, elle a lancé une plateforme de scoring crédit basé sur les transferts d’argent des diasporas, visant à aider les banques kényanes à évaluer la solvabilité des emprunteurs sans historique de crédit formel. Une innovation qui transforme les milliards de dollars de remittances annuelles en données financières utiles pour le secteur bancaire.

Cette expansion intervient dans un contexte où les fintechs africaines cherchent activement à obtenir des licences réglementaires dans plusieurs juridictions. L’objectif : faciliter les transferts transfrontaliers plus rapides et moins coûteux, particulièrement entre les marchés développés et les économies émergentes. Selon la Banque mondiale, envoyer 200 dollars en Afrique subsaharienne coûte en moyenne 7,7% de la transaction, bien au-dessus de l’objectif des Nations Unies fixé à 3%. Ce coût élevé crée un marché potentiel énorme pour les solutions fintech capables d’optimiser ces flux financiers.

Avec cette nouvelle implantation au Canada, WapiPay renforce sa position comme acteur clé des paiements transfrontaliers, tout en préparant le terrain pour de futures innovations dans les services financiers numériques.